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Table ronde sur la croissance propre et les changements climatiques

 

Le 20 juin 2017 – Moncton, Nouveau-Brunswick
Organisée par le Groupe consultatif sur la croissance en Atlantique

Secteur d'intérêt

La table ronde visait à réfléchir aux possibilités qui s’offrent à la région de l’Atlantique alors que le Canada entend transformer son économie pour produire moins de gaz à effet de serre (développement des entreprises locales oeuvrant dans le secteur des technologies propres, écologisation des industries traditionnelles et des collectivités, etc.).

Points saillants

Les participants ont parlé de diverses questions susceptibles d’influer sur le virage que le Canada atlantique entend prendre pour devenir une économie à faible émission de gaz à effet de serre. Ils ont notamment discuté de la recherche ouverte en innovation (qui permettrait de développer les entreprises en démarrage dans le secteur des technologies propres), de l’importance d’avoir des clients de référence avant de chercher à conquérir les marchés étrangers et de la nécessité de développer les compétences de la main d’œuvre dans le numérique et les énergies propres. Les participants ont convenu de l’importance d’adopter un ensemble de règlements et de normes en vue d’inciter les entreprises et les collectivités à adopter des technologies propres et à privilégier des approches axées sur l’économie d’énergie. Les participants ont également discuté de la nécessité de tenir compte des besoins particuliers des communautés autochtones au moment de mettre en place une taxe sur  le carbone et des possibilités de produire de l’électricité à petite échelle qui s’offrent aux Premières Nations. Les participants ont convenu qu’il était prioritaire d’offrir un accès aux programmes de financement gouvernemental à travers un guichet unique (de façon à tenir compte de la petite taille des entreprises de la région).

Résumé des discussions et considérations

Entreprises oeuvrant dans le secteur des technologies propres : Dans la région du Canada atlantique, ces entreprises font face aux difficultés auxquelles se heurtent habituellement les jeunes entreprises, comme l’accès aux capitaux, l’élargissement des activités et la recherche de clients de référence. Elles ont toutefois besoin de plus d’argent qu’une entreprise en démarrage oeuvrant dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) parce qu’elles nécessitent habituellement plus d’infrastructures. Le gouvernement a un rôle à jouer pour aider la région à tirer parti des technologies propres liées aux océans (secteur pétrolier et gazier, pêches, etc.) et des réseaux électriques intelligents dans le Canada atlantique. Dans la région, le nombre d’entreprises qui se consacrent exclusivement aux technologies propres est relativement faible. Pour encourager le développement de ce secteur, le gouvernement doit donc offrir aux entreprises et aux collectivités des incitatifs pour qu’elles adoptent des technologies propres et il doit établir des normes pour accélérer ce processus.

La recherche ouverte en innovation (concept « living lab ») : Cette approche pourrait contribuer au développement des entreprises oeuvrant dans le secteur des technologies propres au Canada atlantique et elle pourrait aider les grandes entreprises dans des secteurs traditionnels à devenir plus concurrentielles et plus durables. La mise en relation d’esprits novateurs avec l’industrie permet de trouver des solutions à des problèmes concrets. Le gouvernement a un rôle à jouer en appuyant les investissements qui renforcent les partenariats florissants et qui créent de nouvelles technologies (prototypes), en mettant en application les changements de réglementation qui permettent de mettre à l’essai ces technologies, puis en encourageant leur adoption à une plus grande échelle. Les universités du Canada atlantique ont également un rôle à jouer en collaborant au développement de nouvelles technologies propres, lesquelles pourraient ensuite être commercialisées dans le cadre d’une recherche ouverte en innovation. Cette approche contribue à éliminer les cloisonnements à l’intérieur des organisations et entre celles-ci et elle stimule l’innovation et la collaboration dans l’ensemble de l’écosystème. Or, la petite taille de la région facilite l’établissement des liens nécessaires à ce processus.

Importance de la réglementation : L’adoption de normes réglementaires contribue à l’adoption de technologies propres dans les entreprises et les collectivités. Il existe d’autres modèles, comme en Europe, où les politiques sont agressives, le coût de l’énergie est élevé et les analyses de rentabilisation pour l’utilisation d’énergies renouvelables et l’adoption de technologies propres sont plus solides. Les gouvernements doivent élaborer des règlements qui offrent des incitatifs en temps opportun. Les politiques doivent être élaborées en tenant compte du développement des technologies puisque de nouvelles technologies pourraient ne pas aboutir en l’absence de politiques ou de règlements appropriés. Le gouvernement doit également contribuer à atténuer les risques liés aux nouvelles technologies en changeant la réglementation, de façon à ce que celles-ci puissent être mises à l’essai avant d’en élargir l’adoption dans un contexte industriel. Une bonne partie des grosses entreprises de l’Atlantique sont des organismes publics qui, par leur nature même, hésitent à prendre des risques lorsqu’ils font des achats. Or, en faisant de la durabilité un élément clé du processus d’approvisionnement, le gouvernement pourrait faciliter l’innovation dans cette région.

L’importance d’avoir un client de référence : Avant d’acheter une technologie, la plupart des clients veulent savoir si celle-ci a déjà été utilisée avec succès. Pour développer une industrie de technologies propres florissante, il faut donc trouver des partenaires (des entreprises de services publics, de grosses entreprises, p. ex.) qui peuvent adopter des technologies qui ne sont pas encore tout à fait au point et démontrer leur succès. Les jeunes pousses peuvent ainsi montrer comment leurs technologies fonctionnent et les vendre à d’autres utilisateurs ailleurs dans le monde. Le Nouveau-Brunswick a attiré un tel partenaire, en raison notamment de ses services publics intégrés. La province a ainsi créé, avec NB Power et l’Université du Nouveau-Brunswick, le Smart Grid Innovation Network (un réseau d’innovation en matière de réseau électrique intelligent) qui aide les jeunes entreprises à mettre à l’essai leurs produits. Tirant profit de sa connaissance des normes de l’industrie ailleurs dans le monde, Siemens s’assure que les entreprises mettent au point des technologies propres interopérables qui ont fait leurs preuves et qui peuvent être vendues dans d’autres pays. Le gouvernement peut financer des programmes qui facilitent la création de partenariats entre de grosses entreprises et de jeunes pousses novatrices.

L’adoption de technologies propres : De nombreuses petites et moyennes entreprises (PME) de la région de l’Atlantique ont déjà de la difficulté à intégrer les TIC à leurs opérations. Or, comme leurs modèles d’affaires sont déjà mis à mal par l’automatisation, la numérisation et les changements climatiques, il est nécessaire de trouver des approches sectorielles pour aider les entreprises à adopter des technologies propres et des technologies numériques. Et ce qui est élémentaire a encore de l’importance : les entreprises et les collectivités peuvent réduire de façon significative leurs émissions de gaz à effet de serre en mettant en œuvre des initiatives en matière d’efficacité énergétique et les gouvernements devraient offrir des incitatifs à travers des programmes d’efficacité énergétique.

Le financement gouvernemental pour les technologies propres : Les programmes fédéraux doivent être adaptés aux besoins des différentes régions du pays. Dans l’Atlantique, les entreprises sont plus petites que dans d’autres régions et elles ont de la difficulté à se prévaloir de programmes comme ceux qui sont offerts par Technologies du développement durable du Canada. La lourdeur des processus de demande de financement et la nécessité de faire affaire avec de grosses bureaucraties ont un effet dissuasif sur les PME qui créent pourtant la majorité des emplois en zone rurale. Le gouvernement doit investir dans les interfaces frontales de façon à ce que les PME puissent passer par un guichet unique pour demander un soutien financier. Il est frustrant de perdre des mois à essayer de comprendre comment obtenir un soutien financier et cela peut même compromettre la mise au point de technologies commercialisables.

Développement des compétences et des talents : Pour les entreprises de la région de l’Atlantique, l’adoption de technologies propres pose souvent problème en raison d’un manque d’expertise, de connaissances et de compétences. Les collèges communautaires ont réagi en adaptant leurs programmes à la nouvelle réalité. Par contre, les facultés de génie et d’architecture de l’université devraient s’interroger sur l’opportunité d’incorporer la question de la croissance propre à leurs réflexions. Avec la numérisation de l’énergie, les personnes qui occupent des métiers traditionnels (électriciens, calorifugeurs, concepteurs, etc.) doivent maintenant acquérir des compétences liées aux technologies de l’information. Avec les nouvelles normes qui sont adoptées et les nouvelles technologies qui sont installées dans les constructions résidentielles et commerciales, de nombreuses entreprises doivent offrir des cours à leurs employés pour les recycler. Pour combler plus facilement les lacunes au chapitre des compétences, un soutien s’impose. Il faudrait mettre en place des programmes qui sont mieux adaptés au monde du travail et qui ne nécessitent pas des études à temps plein. De plus, avec le vieillissement de la population, il faudrait mettre l’accent le recyclage de la main-d’œuvre et la réorientation professionnelle.

Populations vulnérables : Alors que le Canada atlantique souhaite réduire ses émissions de gaz à effet de serre, il est important de s’assurer que les personnes à faible revenu obtiennent un appui pendant la période de transition. La clé sera d’obtenir le soutien social nécessaire et de mobiliser la population en lui expliquant comment s’adapter. Pour changer les attitudes au sein de la société, on pourrait former des représentants des communautés pour qu’ils parlent à leurs concitoyens des possibilités et des avantages liés aux programmes d’efficacité énergétique et à l’adoption d’énergies propres.

Besoins des Autochtones : La volonté de réduire les émissions de gaz à effet de serre et la réglementation qu’elle entraînera pourraient avoir une incidence disproportionnée sur les communautés autochtones. Alors que les Premières Nations ont davantage de contrôle sur leurs ressources et leurs territoires, de nouveaux règlements comme la taxe sur le carbone pourraient empêcher celles-ci de tirer profit d’initiatives économiques qui sont déjà planifiées. Un certain nombre de communautés autochtones produisent de l’électricité à petite échelle. Ces communautés préfèreraient qu’on mette davantage l’accent sur des projets de production d’énergie variés, respectueux de l’environnement et à petite échelle (investir dans des turbines plutôt que dans la construction ou la remise en état de barrages hydroélectriques, p. ex.) et elles en tireraient profit. L’accès aux capitaux peut être particulièrement difficile pour des entrepreneurs autochtones et il est important de les consulter dès qu’on commence à élaborer des politiques et des programmes.

Idées principales

Réforme de la réglementation : Le gouvernement a un rôle clé à jouer en offrant à l’industrie et aux collectivités des incitatifs pour adopter des technologies propres et en établissant des normes qui facilitent leur adoption. Les lois doivent être opportunes et l’élaboration des politiques doit être fonction du développement des technologies. Le gouvernement doit également contribuer à atténuer les risques liés aux nouvelles technologies en apportant des changements à la réglementation de façon à permettre la mise à l’essai des technologies avant leur utilisation à plus grande échelle en milieu industriel.

Soutien à la recherche ouverte en innovation : Il faut mettre en place des programmes qui appuient les innovateurs dans le secteur des technologies propres qui collaborent avec des instituts de recherche et des entreprises établies de façon à faciliter l’adoption de processus et de technologies propres dans l’Atlantique. Pour faciliter le développement de ce secteur dans la région, il sera indispensable de faire des investissements en vue d’intensifier les partenariats fructueux, de créer des prototypes et d’encourager leur adoption à une plus grande échelle dans un contexte industriel. Le gouvernement doit également apporter des changements à la réglementation pour permettre la mise à l’essai des technologies.

Programmes de financement gouvernemental : Les entreprises de l’Atlantique ont besoin, en raison de leur taille, de pouvoir accéder aux programmes de financement gouvernemental à travers un guichet unique.

Formation et développement des compétences : Les établissements d’enseignement postsecondaires doivent adapter leurs programmes pour tenir compte de la nouvelle réalité économique qui est de plus en plus axée sur le numérique et les énergies propres. Il faut aider les entreprises à recycler leurs employés pour que ceux-ci aient les compétences nécessaires pour contribuer à cette nouvelle économie. Et les établissements d’enseignement postsecondaires doivent offrir des programmes de formation plus souples et mieux adaptés au monde du travail.

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