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Une percée majeure

Deux homes portes les ampoules de verre.

Lorsqu’un patient perd beaucoup de sang en raison d’un accident, d’un état pathologique ou d’une chirurgie, chaque seconde compte. Le fait d’avoir les ressources et la technologie requises pour arrêter rapidement l’écoulement peut faire la différence entre la vie et
la mort.

À Fredericton, au Nouveau‑Brunswick, une entreprise de biotechnologie a créé un produit novateur servant à limiter les pertes de sang massives.

L’entreprise Mycodev Group fabrique le chitosane, un agent antimicrobien qui favorise la coagulation sanguine et la régénération des tissus, lesquels sont souvent rares dans l’industrie médicale. Cet agent peut aussi être utilisé à d’autres fins industrielles.

« C’est un produit polyvalent », d’affirmer Brennan Sisk, président‑directeur général de Mycodev Group, qui souligne que le chitosane peut notamment servir à traiter les eaux usées ou à clarifier le vin. Cependant, dans sa forme raffinée, il peut aussi servir à stopper les hémorragies lors de chirurgies du cerveau et de la colonne vertébrale. « Comme vous pouvez l’imaginer, la qualité du produit doit être excellente et nous nous conformons à des normes très élevées », souligne Brennan.

On extrait généralement le chitosane des sous‑produits de mollusques et crustacés. Toutefois, Mycodev a mis au point un procédé permettant d’obtenir le chitosane d’un champignon produit dans son laboratoire, garantissant ainsi pureté, uniformité et viabilité environnementale.

Voilà une excellente nouvelle pour l’industrie des soins des plaies, dont le chiffre d’affaires devrait atteindre 4 milliards de dollars en 2015. Résultat : l’entreprise a obtenu le prix de la nouvelle entreprise la plus novatrice à la cérémonie de remise des prix Innove du Nouveau‑Brunswick en 2013.

Tout a commencé lorsque le microbiologiste David Brown, originaire de Fredericton, a découvert par hasard le potentiel du chitosane en menant d’autres recherches à l’Université de l’Alberta.

« Ainsi lui est venue passion qui l’a conduit à explorer un peu plus », ajoute Brennan.

Même si David savait comment produire et extraire du chitosane de grande valeur, il avait besoin de Brennan et de Peter Dean, ingénieur en chef de Mycodev, dans son équipe pour commencer à transformer sa découverte en produit commercialement viable.

Mycodev a acquis le matériel de fabrication requis avec l’aide de l’APECA, mais Brennan affirme que l’Agence a aussi joué un autre rôle.

« Durant le processus de demande, lorsque nous assistions à toutes sortes de concours de présentation et autres, nous avons vraiment senti l’appui des gens de l’APECA », dit-il.

Les premiers envois de chitosane pour l’industrie des soins des plaies devraient partir bientôt. À mesure qu’elle se taillera une place, Mycodev aura besoin d’une équipe formée de membres hautement qualifiés comprenant entre autres chimistes et techniciens de laboratoire.

Bien que Mycodev puisse avoir pignon sur rue partout dans le monde, ses partenaires fondateurs ont le même engagement, soit réussir ici au Nouveau‑Brunswick.

« Il semble se dessiner une tendance vers la diversification des assises économiques, et la biotechnologie et les biosciences en font partie, enchaîne Brennan. Le Nouveau‑Brunswick reconnaît que nous devons faire cet effort. »

Le cheminement de Mycodev démontre que lorsqu’il est question de prendre de l’ampleur en biotechnologie, il n’est pas nécessaire de s’exiler pour avoir du succès.

Publié le 3 novembre 2014